Georges Cuvier (1769-1832)

Cuvier portrait

Extrait de Le Père de famille, Journal de la société d’instruction populaire, 1831, p. 640 :

“Le 13 de ce mois est mort le baron Cuvier, le plus grand naturaliste de son siècle. Fils d’un ministre protestant et protestant lui-même, il était né à Montbéliard en 1769, dans cette année féconde en grands hommes, qui vit naître Napoléon, Chateaubriand...Il fut en quelque sorte le fondateur d’une science nouvelle, à laquelle on a donné le nom d’anatomie comparée. Les leçons qu’il donna sur cette matière commencèrent sa réputation. Outre ces leçons, il a laissé une foule d’ouvrages utiles... Les principaux sont : Les recherches sur les ossements fossiles, l’Histoire Naturelle des poissons...

Cuvier a fait d’immenses recherches sur les animaux fossiles ; il en a tiré des conclusions importantes sur les révolutions de notre planète, sur la géologie et l’âge du monde. Dans son histoire des sciences naturelles, il montre que les traditions authentiques à cet égard ne remontent pas à plus de 8 ou 10 mille ans, et fait descendre l’espèce humaine d’une seule souche qu’il place dans les plateaux élevés d’Asie centrale, sortis les premiers des eaux du déluge. Dans un de ces cours il avait traité de la maladie dont il est mort, et en se sentant atteint, il a dit : Voilà l’homme que j’ai décrit.

À l’ouverture du crâne de M Cuvier, MM Dupuytren, Ofila, Bérard et autres célèbres docteurs qui l’opéraient, furent frappés du développement de la masse cérébrale et surtout du nombre prodigieux de circonvolutions que présentait la suface de cet énorme cerveau. On sait que, d’après les recherches du Dr Gall, le développement des facultés intellectuelles est en rapport avec la marche de ces circonvolutions... Ce cerveau si remarquable fut aussitôt moulé en plâtre.”