Démocratie, laïcité et liberté d'expression

Les trois associés

La démocratie, c'est étymologiquement le pouvoir du peuple. Le peuple choisit ses représentants. Avec la Laïcité, aucune religion n'est imposée, aucune n'est interdite. Enfin, tout le monde peut s'exprimer, tout en assumant ses propos.
Des limitations s'imposent : 1) le peuple donne délégation aux élus pour la durée de leur mandat. On ne peut accepter un candidat au suffrage qui refuserait les deux autres pôles que sont la laïcité et la liberté. Il serait paradoxal qu'un dictateur soit élu démocratiquement ! 2) Les sectes, dans la mesure où, notamment, elles restreignent la liberté, ne peuvent être acceptées. 3) La liberté d'expression n'est possible que dans le respect des droits établis par le peuple.
Cette association de la démocratie, de la laïcité et de la liberté d'expression présente bien des atouts. Elle évite les dérives autocratiques, la désinformation. Elle permet une responsabilisation des citoyens qui peuvent participer à la vie de la cité. C'est donc, de ce fait, une éducation à la citoyenneté. A contrario, un autocrate fait comprendre au peuple qu'il n'a pas à s'occuper de la politique. Dans une dictature, le peuple ne peut pas s'exprimer et doit accepter (et croire) les éventuels mensonges du dictateur. Un dictateur, par sa propagande, emporte, de façon immorale l'adhésion du peuple à ses fantasmes. Les pays démocratiques constatent amèrement leur impuissance à informer les peuples soumis. Aujourd'hui, les démocraties sont attaquées par les dictatures. Il serait catastrophique que ces dernières gagnent grâce à la désinformation.

Liberté et motivation

Il n'y a pas de meilleur régime politique que celui qui associe démocratie, laïcité et liberté d'expression . Il m'est difficile de comprendre la non-généralisation d'un tel régime idéal pour le monde entier.
Les dictateurs n'ont pas intégré dans leur registre de pensée qu'un citoyen libre est infiniment plus efficace qu'un individu contraint. Dans la cité comme à l'école, la contrainte s'avère peu efficace. Dans les dictatures (communistes ou non), les individus essaient toujours de contourner les règlements imposés sans se faire prendre. La motivation individuelle est un moteur puissant. Ceci est vrai à l'école comme à l'usine.
Certains pensent que la dictature fait régner l'ordre et évite les tergiversations. Cela supposerait l'infaillibilité du dictateur. La gestion de la pandémie du coronavirus par les dictatures a montré leur inefficacité. Bien souvent le dictateur et ses collaborateurs n'ont pas la culture scientifique suffisante pour faire les meilleurs choix. Les dysfonctionnements ne sont pas dénoncés par peur des représailles. "Le premier qui dit la vérité" serait d'avance condamné. L'actualité récente a montré que le succès (temporaire ?) du dictateur se construit sur le mensonge. Non-informé, désinformé, la personne soumise à la dictature ne peut pas construire son civisme et sa citoyenneté. La participation à la vie de la cité est formatrice. La dictature déresponsabilise le peuple puisqu'il ne peut qu'obéir et écouter les mensonges.
Bien sûr, les démocraties ne sont pas parfaites : dérives du capitalisme, coups-bas politiciens, politique environnementale insuffisante. Mais ces défauts se retrouvent aussi dans les dictatures.

Étymologie

δημοκρατία (demokratia) : δῆμος (dễmos) = le peuple, κράτος (kratos) = pouvoir ; λαϊκός (laikós) = peuple.
πόλις (pólis) = cité, πολίτης = citoyen
δεσπότης (despótês) = despote ; δικτάτορας (dictatoras) = dictateur ; τύραννος (turannos) = tyrannie ; ολιγαρχικός (oligarkikos) = oligarque ; μεγαλομανής (mégalomanés) ; νεποτισμός (népotismos) = népotisme ; ξενοφοβία (xénophobia) = xénophobie ; πλουτοκράτης (ploutocratés) = ploutocrate (Πλοῦτος étant le Dieu grec de la richesse) ; αὐτοκρατής (autokratés) = autocrate ; παράνοια (paranoia) ; γένος-caedo = génocide.
Signalons que "démocratie populaire" est étymologiquement un pléosname, sans doute pour renforcer l'idée que seul le peuple a le pouvoir et qu'en conséquence les dirigeants obéissent au peuple.