Environnement et Énergie

Le moteur à explosion, un avatar de l’humanité

Automobile svgCycliste

Hier (à l’échelle des temps géologiques), les nouveaux primates appelés humains se sont mis à remplacer l’énergie musculaire par celle des combustibles fossiles.
Petite précision, nous ne voyons que des transformations d’énergie. Ainsi, le feu du poêle est une transformation d’une énergie végétale en énergie calorique. L’éclairage d’une ampoule est la transformation d’une énergie électrique en énergie lumineuse. Pour ce qui nous concerne ici, nos déplacements sont la transformation d’une énergie provenant de nos aliments en énergie mécanique, la contraction musculaire. Les premiers hommes n’ont eu que cela pour se déplacer.
Dans un deuxième temps, les humains, un peu paresseux, ont fait appel aux chevaux pour les transports plus lointains. Transports à dos d’homme, puis à dos de cheval. À la Révolution, on a fixé la taille des départements de façon à pouvoir les parcourir à cheval dans la journée.
Avec l’invention de la roue, on a eu l’idée de mettre une petite carriole derrière le cheval. Et puis, fin XIXe, on a remplacé le cheval par un moteur à explosion. Vous avez sûrement remarqué que les premières voitures automobiles ressemblaient à celles hippomobiles : on a juste coupé les limons et mis un moteur à la place. Dans les 40-50, les agriculteurs coupaient les limons de leur charrette et confectionnaient, à la place, une attache pour le tracteur. À l’inverse, j’ai vu en Afrique du Nord, des paysans transformer des autos en véhicules hippomobiles, en supprimant le moteur sans doute défectueux. C’est eux qui ont raison. Mis à part ces exceptions rencontrées chez les gens modestes, le moteur à explosions est actuellement généralisé sur la planète.
Et voilà peut-être le début des malheurs planétaires de l’humanité. Bien sûr avant le pétrole, l’humanité avait pensé à utiliser le charbon de terre pour se chauffer, ce qui avait déjà aggravé la qualité de l’atmosphère. Avant l’invention du moteur à pétrole, les humains n’utilisaient que la force musculaire de l’homme, puis du cheval, accessoirement de la vache. L’homme, limité par ses jambes a pensé les prolonger par le pédalier du vélo qui augmente les distances faisables. La nature n’est pas perfectionniste, elle n’a pas su inventer la roue qui augmente le rendement des déplacements.
Le vélo est une belle invention humaine. Il fallu au préalable inventer la roue et des pistes « cyclables » ; la forêt amazonienne étant peu favorable aux cyclistes. Le vélo m’enthousiasme, le moteur à explosion beaucoup moins. Nos descendants considéreront l’utilisation mécanique du pétrole comme un avatar de l’humanité.
Pourquoi les déplacements musculaires, qu’ils soient humains ou équins, sont-ils préférables ?
Deux raisons : la raison énergétique et la raison physiologique. Le rendement énergétique du muscle est meilleur (25%) que celui du moteur qui est très mauvais si l’on tient compte de tout : perte de chaleur, perte dans les gaz d’échappement, les arrêts aux feux rouges, les embouteillages. Il faut tenir compte, aussi, de la masse énorme du véhicule comparativement à la masse d’un corps humain. Il faut tenir compte du coût énergétique de fabrication du véhicule. Bref, l’automobiliste produit infiniment plus de dioxyde de carbone que le piéton, a fortiori le cycliste.
L’activité musculaire est indispensable à la santé de l’organisme. L’inactivité musculaire est mortelle. Je m’explique, la science a montré que l’inactivité musculaire favorise les maladies cardio-vasculaires et aussi, c’est moins connu, cérébrales. Récemment, on a découvert qu’elle favorisait la maladie d’Alzheimer. On préserve son cerveau avec nos pieds. L’homme est un animal marcheur, « il est conçu pour cela ». Jadis il migrait au gré des saisons. L’homme moderne a cela en héritage, il doit faire avec, il a cela ça dans ses gènes. Il vaut mieux marcher, même sans but, que de ne rien faire. Certains retraités qui s’inscrivent dans des clubs de randonneurs l’ont bien compris : arrêter de marcher c’est mettre un pied dans la tombe.
Les déplacements d’origine musculaire ont un inconvénient, la lenteur. Nous voulons aujourd’hui tout faire vite, le fast-food, le fast-motion et j’en passe ! il est temps de revenir au slow, à la lenteur bien plus économe en énergie.
J’ai bien conscience qu’on ne va pas mettre au rancart, du jour au lendemain, tous les moteurs à explosion de la planète. En attendant, nous pouvons tous adopter quelques comportements : Prendre le train quand c’est possible, penser au covoiturage, conduire de façon économe en anticipant les arrêts et ralentissements, autrement-dit éviter d’accélérer pour freiner aussitôt après, par exemple prévoir 300 m à l’avance l’arrivée dans une zone à 50 km/h, etc.
Les choix politiques des états sont orientés par les bilans financiers, mais hélas pas par des bilans énergétiques. L’énergie musculaire, y a pas mieux. La suppression du moteur à explosion est mon cheval de bataille.

Webographie et citation

L'énergie du corps humain

Paul ARIÈS, en conférence à Alençon, le 14-09-2010 :
"Agro-carburants : Veut-on nourrir 7 milliards d'hommes ou 600 millions de voitures ?
Démographie : Il n'y a pas trop d'humains, il y a trop d'automobilistes."

Coin technique

Les dessins en svg sont ultralégers et sont donc à privilégier.